Bulletin n°09 – Paul Degueurce, dit Popaul (1904 – 1976), professeur de Lettres

Le Bulletin n°09 (Mars 2010) :

Paul Degueurce naît le 20 septembre 1904 à Lugny, chef-lieu de canton du Mâconnais situé à une vingtaine de kilomètres au nord-est de Cluny. Il est le benjamin d’une famille modeste de trois enfants : son père, qu’il perdit à l’âge de 12 ans, était maréchal-ferrant.

Après des études brillantes à l’école communale, puis à l’EPS (École primaire supérieure) de Mâcon, il est admis en 1920 à l’École Normale de la même ville, dont il sort trois ans plus tard major de sa promotion.

Son premier poste sera celui d’instituteur à l’école de garçons de Cluny, mais dès 1926, il sera professeur à l’EPS de Joigny.

Entre temps, il a effectué son service militaire en 1925. Ainsi libéré, il épouse en 1926 Germaine Chabert à Saint-Laurent-lès-Mâcon ; le couple aura 2 enfants, René (Cl. 45) en octobre 1927 et Paulette (professeur d’anglais) en janvier 1935 et 3 petits-fils, Roger Degueurce et Jean-François et Jean-Paul (Cl. 77) Ravanel.

En 1927-1928, il est professeur à l’EPS de Sfax, en Tunisie.

L’automne 1928 est une étape importante de sa carrière et de sa vie, puisqu’il revient à Cluny, où le couple se fixera désormais, comme professeur à la Prat’s, enseignant notamment à la classe de préparation aux Arts et Métiers.

Mais depuis sa sortie de l’École Normale, tout en enseignant, il a poursuivi ses études en autodidacte et en suivant des cours à Lyon, et il continue à le faire en étant à la Prat’s, de sorte qu’il obtiendra la licence de lettres et le Diplôme d’études supérieures d’histoire et géographie. Aussi, en 1937, lorsque Alfred Chabaud, professeur de lettres à l’École d’Arts et Métiers de Cluny part à celle de Châlons-sur-Marne, peut-il briguer et obtenir sa succession. Il fera là une carrière d’une amplitude exceptionnelle de 36 années, entrecoupée seulement par la mobilisation en 1939-1940, ne partant en retraite qu’en 1973, à l’âge de 68 ans, ce qui implique que l’enseignement était avant tout pour lui une vocation passionnée, qui lui valut d’être Commandeur des Palmes académiques et Chevalier de la Légion d’honneur.

Cette passion, sa vaste culture et érudition, sa rigueur et son objectivité intellectuelles, son urbanité et une élocution facile et agréable lui permettaient de retenir l’attention de ses auditoires des 3 années d’études pour des matières (français, histoire, géographie) que d’aucuns auraient pu juger secondaires. Et son surnom de Popaul était amical et n’ôtait rien à l’estime que lui portaient unanimement ses élèves; d’ailleurs, quand exista un voyage organisé par les élèves en fin de troisième année, il en fut un invité privilégié qui avait encore ainsi l’occasion de faire partager ses connaissances.

Mais un tel professeur met toujours quelque pudeur à laisser voir ses sentiments lors de son enseignement. C’est lorsque ses anciens élèves revenaient vers leur école qu’ils pouvaient avoir l’occasion de découvrir une autre composante de son rayonnement : l’amour du cadre même de cet enseignement, l’amour de l’École et de l’abbaye de Cluny. Le professeur pouvait alors parfois se transformer en guide incomparable et fervent.

A l’occasion de son décès, survenu prématurément le 19 juillet 1976 en son domicile, Petite rue de la Barre, à mi-distance de la Prat’s et des Arts et Métiers, Pierre Chaffïotte et Jacques Cliton, délégués de la promotion Cluny 35, la première à qui il enseigna, avaient ainsi conclu un hommage dans la revue Arts et Métiers d’octobre 1976:

“Que tous les gadzarts sachent que vient de disparaître un homme qui fut à la fois pierre et ciment de la Communauté Arts et Métiers.”

Une salle située au rez-de-chaussée, en bout de l’aile nord, porte son nom.

Jean Fourré (Cluny 53)

P.S. : Je tiens à remercier René Degueurce, à qui je dois entre autres les détails.

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